Après moult péripéties, le CSA académique dédié à la répartition des moyens 1er et 2d degré dans notre académie s’est enfin tenu ce lundi 02 février. Lire déclaration FSU
Contexte national : cafouillage et sape de l’Ecole publique laïque
Le CSA ministériel, initialement prévu en décembre 2025 et après plusieurs reports dus à l’absence de vote sur le budget, s’est tenu le 26/02/26. Après des heures de questions, d’argumentation, d’interpellation des OS, dont le SNES-FSU, le Ministre finit par expliquer le lendemain que les tableaux présentés la veille sur la répartition par académies des moyens d’enseignement n’étaient pas les bons…. Plus d’infos ICI
Au final :
– 1 365 suppressions au lieu de 1 803, ce qui reste inacceptable. Annulation de 438 suppressions d’emplois,
– aucune création d’emploi de CPE, PsyEN ou AED,
– 500 emplois d’AESH en plus des 1 200 annoncés en décembre, bien loin des besoins réels sur le terrain.
Dans notre académie : saignée confirmée ! Lire article
– Refus des OS de siéger au CSA académique du 28/01, d’où le report au 02/02 cet après-midi.
– Le SNES et la FSU ont dénoncé le maintien, en amont du CSAA, de certains CA d’établissement au mépris des textes règlementaires et des instances de dialogue social.
– Pas de nouveaux documents de travail de la part du rectorat après le revirement du ministère. Les OS découvrent en séance les choix de répartition académique des moyens :
-49 ETP dans le 2d degré (-98 avec le 1er degré) et non -55 ETP comme annoncé précédemment, répartis ainsi :
| Etablissements / moyens | Evolution des emplois (ETP) |
| Collèges | - 37 ETP |
| Lycées généraux et technologiques | - 30 ETP |
| Lycées professionnels | + 4 ETP |
| SEGPA | - 1,5 ETP |
| EREA | + 4,25 ETP |
| Pôles d’appui à la scolarité (PAS) | + 8 ETP |
| Remplacement | + 3,25 ETP |
Pour rappel : -55,5 emplois (ETP) l’an dernier dans les collèges et les lycées, soit 122,5 en 2 ans.
Baisse des DHG dans les lycées GT et dans les collèges :
Baisse de la dotation de 548,46 heures. De nombreux lycées subissent des pertes importantes, Madame de Staël à Montluçon (-77h) ; Banville à Moulins (-44h) ; Blaise de Vigenère à St Pourçain (-38h) ; Albert Londres à Cusset (-65,5h) ; C&A Dupuy au Puy (-76h) ; E. Chabrier Yssingeaux (-39h) ; E. Duclaux à Aurillac (-40,54h) ; J. Monnet à Aurillac (-23,87h) ; S. Apollinaire à Clermont (-80h) ; La Fayette à Clermont (-103h) ; Virlogeux à Riom (-78h) ; Montdory à Thiers (-81h) et Jean Zay à Thiers (-33h). Inquiétudes aussi sur le lycée Valéry Larbaud à Cusset !
– Baisse de la dotation « lycées fragiles » reventilée dans certains lycées professionnels sur la base de l’IPS.
– Création de 8 ETP au titre des PAS (Pôle d’appui à la scolarité) pris sur les moyens d’enseignement : INADMISSIBLE ! Le SNES et la FSU continuent de s’opposer à la mise en place des PAS (ex-PIAL) qui donnent la main au ministère/rectorat pour déterminer le nombre d’heures dont un enfant en situation de handicap a besoin et évince les MDPH jugées trop généreuses, et donc trop « consommatrices » d’AESH, afin de délivrer moins de notifications d’accompagnement humain.
S’agissant des collèges, l’examen des dotations est renvoyé aux CSA de chaque département en mars. Pour autant, le volume de suppressions d’emplois (-37 ETP), laisse présager un nombre conséquent de suppressions de postes.
Démographie : quand ça les arrange !
8 865 emplois d’enseignant•es ont été supprimés dans le second degré public alors même que 8 029 élèves supplémentaires étaient accueilli•es dans les collèges et lycées publics. Pour retrouver le taux d’encadrement de 2017, il faudrait créer 10 617 emplois.
Pour rappel : la France compte les classes les plus chargées d’Europe au niveau collège, des classes tout aussi chargées en lycée, des professeurs non remplacés, des AESH qui manquent en nombre, des AED, des PsyEN, etc.
Le SNES-FSU demande que la baisse démographique soit l’occasion de diminuer les effectifs par classe afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels !
Conséquences pour les élèves, les personnels, l’Ecole publique :
– Les effectifs par classe ne vont pas baisser ! (gestion purement comptable du ministère !)
– Nombreuses suppressions de postes en perspective (connues en mars) et mesures de carte scolaire
– Multiplication des services partagés donc moins de temps pour les élèves
– Conditions de travail encore dégradées
– Professeur•es non remplacé•es
– Contractuel•les non renouvelé•es
– Menaces sur certaines options et certains enseignements (allemand, latin (LLCA), éducation musicale, arts plastiques, etc.)
– Menaces sur les petits établissements, notamment les collèges ruraux.
– Nouvelle attaque en règle contre l’Ecole publique laïque
Se mobiliser sans attendre, lutter collectivement !
Dans le Puy-de-Dôme, l’intersyndicale a appelé à la grève et à la mobilisation ce lundi 2 février pour soutenir les établissements mobilisés. Elle se réunira à nouveau mercredi 04/02 pour discuter des suites : AG, grèves, manifestation départementale, soutien aux initiatives locales, etc.
En Haute-Loire : rassemblement à 12h devant les établissements mercredi 04/02 puis à 12h30 devant l’Inspection académique. Une demande d’audience a été demandée.
Toutes et tous concerné•es : se mobiliser, mobiliser les parents, les élu•es et au-delà celles et ceux qui se retrouvent dans la défense de l’Ecole publique.
Pour le SNES-FSU, ce sont bien des choix budgétaires et politiques, et non la démographie qui guident l’attribution des moyens aux établissements. Des choix scandaleux qui entraînent de nouvelles dégradations dont l’académie se passerait bien !
Le SNES-FSU appelle à faire de la préparation de la rentrée un temps fort de mobilisation pour l’École publique, le second degré et ses personnels, et exige notamment :
• l’annulation de toutes les suppressions d’emplois de professeur•es ;
• des créations d’emplois en enseignant•es, CPE, PsyEN, AED et AESH ;
• des moyens à la hauteur des besoins pour améliorer les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels.
Le SNES-FSU appelle à voter contre les répartitions des DGH qui ne permettent pas une amélioration des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves en rassemblant largement la communauté éducative, notamment les parents d’élèves.
Le SNES-FSU s’est d’ores et déjà adressé à l’intersyndicale nationale pour construire les actions indispensables pour revaloriser les personnels et obtenir les moyens nécessaires à la réalisation des ambitions du service public d’Éducation.
